Ce monde m'abyme, je cherche en toi le refuge, et je noie, chaque jour, ma peine et ma douleur en toi. Tu souffles, je crie, bouge et te renverse, et mes bras, furibonds, frappent, cognent, autour de toi, en toi, je noie la souffrance du jour qui ne passe pas. Je me réfugie en ta chair, entre tes pales bras étendus, je pleurs entre tes longues jambes le temps qui me laisse coite, furieuse et désespérée, craque ! Crie ! Remue ! Remue !! Tu ne m'auras pas !! je t'aime et je vacille...
Encore, je pleurs une dernière fois, ma peur, comme on vomit, fume après l'acte qui laisse plus malheureux qu'étendue. Entre tes pales jambes, je cherche le chrysanthème des mois derniers. Mais il n'est plus d'odeur suave que tes fines chevilles ne retiennent captive, plus de sensibilité que je n'aie aspiré en moi ; en entre ta chair souple et mon souffle bestiale il n'y a que la frontière mince et filiforme de deux mondes qui se perdent l'un pour l'autre, deux univers pour une étoile ; et le ciel qui se couvre de nuages sans espoirs laisse filer entre mes paupières crispées, l'eau si rare du Saël.
J'ai besoin de te voir dans mon arène boueuse, cendre parmi les myosotis fanés. Leur ultime souffle parfumé s'est égaré au creux de ton cou où se loge la faiblesse, car je n'ai pas été à la hauteur. Ne me mens pas !! Tu me fais plus de mal quand tu me regarde doucement, oublie qui je suis, dis-moi combien je t'ai déçu que je ne m'imagine plus ton sourire au fond de mes blessures.
Je veux te prouver qu'il y du beau même dans la solitude et que de la douleur bleuissante peut naître le charme d'une voix envoûtante. Elle t'appelle tandis que je souffle ton nom sur l'encens pour qu'il diffuse son gaz musqué sur ton dos voûté, incline-toi ! je dépose sur tes lèvres froides et insensible, le dernier mot, je t'...